En bref : Olivier Dahan et Wikio, une jurisprudence à construire…

Lu aujourd’hui sur le Journal du Net :

Le tribunal de grande instance de Nanterre a débouté vendredi 7 mars le réalisateur Olivier Dahan d’une procédure de référé intenté contre Wikio.fr et son éditeur, Planète Soft, exigeant le retrait d’un lien présent sur l’agrégateur. Ce lien, tiré du flux RSS du site Gala.fr renvoyait vers un article relayant une supposée liaison entre le réalisateur de “La môme” et l’actrice Sharon Stone. Olivier Dahan demandait 30.000 euros en réparation du préjudice ainsi qu’une astreinte de 5.000 euros par jour de retard.

Planète Soft s’était défendu en expliquant que Wikio.fr n’était ni hébergeur, ni éditeur ni webmaster de Gala.fr et ne pouvait être tenu responsable du contenu publié sur ce site ou des flux RSS qu’il édite. Le tribunal de Nanterre a estimé que la demande déposée par le réalisateur n’était pas explicite sur ces points et l’a invité à “mieux se pourvoir”.

Olivier Dahan avait obtenu le 28 février la condamnation du site Lespipoles.com à lui verser 800 euros de dommages-intérêts concernant le même motif. Le TGI de Nanterre, avait alors estimé que le fait de rediffuser un flux RSS n’exonérait pas l’éditeur d’un site de toute responsabilité.

On en arrive donc, pour le portail d’information Wikio, a une décision inverse de celle prise par le même tribunal envers le site Lespipoles.com il y a à peine deux semaines. Reste à savoir comment va fonctionner la jurisprudence.

dotCrime Manifesto : réduire le crime sur Internet

Je viens tout juste de terminer la lecture de dotCrime Manifesto - How to sto Internet crime, sommité dédiée à la sécurité Internet et à la lutte contre la cybercriminalité écrit par Phillip Hallam-Baker.

dotCrime Manifesto

Tout d’abord, quelques mots sur l’auteur car son portrait vaut le détour : Phillip Hallam-Baker a travaillé successivement au CERN de Génève et au M.I.T. Il est actuellement en poste chez Verisign en tant que Principal Scientist. Il travaille depuis plus de 20 ans sur la sécurité des réseaux et on lui doit pas mal de choses, comme la mise au point du referer dans les requêtes HTTP. Rien que ça… C’est dire la compétence et l’expérience du bonhomme.

Et le livre alors ? dotCrime Manifesto se propose de dépeindre un tableau complet de la cybercriminalité et des différents moyens de contrer celle-ci. Loin des grandes théories, le livre s’ancre définitivement dans le réel. Les premiers chapitres rappellent d’ailleurs bien que le but du crime sur le Net est avant tout la génération de profit réel et l’enrichissement de ses auteurs. Spam, fishing, détournement de fonds… le seul but de ces man??uvres, c’est l’argent. Un rappel utile, qui permet d’arriver à ce constat : la cybercriminalité ne peut être arrêté via de simples moyens techniques. Comme toute forme de criminalité, c’est la conjonctions de moyens juridiques, sociaux et techniques qui pourra mettre un terme aux escroqueries sur le Net. C’est simple à dire, mais cela fait du bien de voir quelqu’un de respecté reposer ces bases !

Le livre détaille alors les failles actuelles du réseau, et les premières solutions possibles pour endiguer le spam et le fishing. En gros, la mise en place d’un réseau Internet de la confiance, basé sur des principes d’authentification et de certification avancés. On y parle bien entendu de protocoles et de systèmes d’information, mais pas seulement : après tout, un protocole ne compte que s’il est adopté par la majorité. Les conditions du déploiement sont donc aussi importantes que les considérations purement techniques.

Phillip Hallam-Baker aborde de nombreux travaux en cours sur la sécurisation des transactions, les normes d’authentification des sites sécurisés ou la lutte contre le spam. Les dernières parties de l’ouvrage sur les systèmes d’authentification ou sur la protection des infrastructures et des données stockées sont elles un peu plus floues, simplement parce que moins ancrées dans les préoccupations actuelles.

Ce qui m’épate, c’est surtout que Phillip Hallam-Baker réussit à dépeindre cet Internet de la confiance sans tomber dans le travers Big Brother, que j’ai cru voir venir au fur et à mesure des pages… Son Internet idéal, et forcément contrôlé, ne fait pas réellement peur d’un point de vue de la protection des données : la cryptographie y joue un rôle prépondérant. C’est plutôt, au vu du discours théorique, les questions d’utilisabilité qui me laissent encore perplexes.

Ce qui m’épate aussi, c’est la culture de l’auteur et les nombreuses allusions à James Bond qui émaillent le livre…

Pour plus d’informations sur le sujet :

En Bref : les mash-ups tenus responsables de leur contenu

Lu sur Generation NT :

Le fondateur du site français Lespipoles.com vient d’être condamné par le Tribunal de Grande Instance de Nanterre à payer une amende de 1.800 euros à Olivier Dahan, réalisateur du film La Môme, pour avoir inséré sur son site une information provenant d’un flux RSS du site Gala.

Les webmasters utilisant des flux RSS pour alimenter leurs sites et leurs blogs ont du soucis à se faire. Le tribunal de Grande instance de Nanterre vient en effet de condamner Eric Duperrin, webmaster du site Lespipoles.com, à verser 1 800 ??? à titre de dommages et intérêts à Olivier Dahan, réalisateur du film La Môme.

Sur son site, Eric Duperrin utilise des flux RSS, notamment en provenance du journal Gala, qui avait publié un article litigieux, basé sur une rumeur et intitulé « Sharon Stone et Olivier Dahan. La Star roucoulerait avec le Réalisateur de La Môme ».

Un résumé de deux lignes ainsi qu’un lien pointant vers cet article figurait donc de manière automatisée sur le site de M. Duperrin, ce qui n’a pas plu au réalisateur qui a exigé, dans son assignation, le retrait de ce lien hypertexte. Une demande retenue par le juge qui a en plus infligé une amende au webmaster. Dans son jugement, le magistrat du Tribunal de Nanterre a estimé que l’utilisation de cette série de flux constituait bel et bien un choix éditorial et que l’éditeur était donc responsable du contenu proposé.

Pourtant, Eric Duperrin se défend d’avoir voulu porter préjudice au plaignant : « Le lien était issu de l’analyse automatique du flux RSS que Gala met à disposition sur son site. Je n’ai même pas eu la possibilité de lire l’article en question puisqu’au moment ou l’huissier de justice à débarqué chez moi, l’article avait déjà été retiré du site de Gala.fr. Mon site est un ” mashup ” qui combine flux RSS, API YouTube et API Flickr. Il n’a donc pas de contenu propre et s’auto-alimente presque tout seul. (…) Je viens d’être condamné à payer 1 800 euros qui viennent s’ajouter aux 4 000 euros de frais d’avocat. Au-delà des répercutions financières, je suis profondément désolé de cette décision qui remet en question la pérennité du concept de ” mashup ” pour lequel j’étais si enthousiaste. »

Un jugement qui remet en question l’utilisation des flux RSS qui peuvent donc causer de gros problèmes aux webmasters.

En tant qu’auteur, ancien journaliste et créateur de sites Web à mes heures perdues, je ne peux qu’être en accord avec la décision prise par le Tribunal de Nanterre. Que l’affaire porte sur le contenu de Gala importe peu, elle aurait eu les mêmes échos pour moi avec le contenu du Wall Street Journal ou du New York Times (pour reprendre les exemples des commentateurs de Generation NT). Un créateur de mash-up, s’il maîtrise les flux qu’il agrège dans son service, est avant tout responsable de ses choix éditoriaux et des sources qu’il a décidé de citer !

Je discutais récemment avec Frédéric Roy, journaliste entre autre à CB News, à propos des effets de Facebook sur la vie privée. Nous étions arrivés à cette constatation, navrante, que l’usage actuel d’Internet tend à une déresponsabilisation de l’individu, qui considère que les outils lui permettant de communiquer ne le rendent plus responsable des actes et des informations qu’il diffuse sur la Toile. On rejette ainsi sur l’outil, ou l’interface, la faute de la diffusion d’informations privées auprès d’une large audience… C’est sans doute là l’effet le plus pervers de Facebook et d’autres outils comme ici les mash-ups.

LinkedIn fait peau neuve…

C’est la mise à jour passée inaperçue de la semaine dernière. Le réseau social américain LinkedIn fait peau neuve et dévoile un nouveau design :

Nouveau design pour LinkedIn

Parmi les quelques nouveautés de cette nouvelle version, on remarquera surtout une barre de navigation permanente sur la gauche de l’interface, ainsi qu’une fonction “What are you working on?” servant à indiquer, en temps réel, son statut sur le réseau. Un peu à la manière d’un Facebook.

C’est d’ailleurs le principal reproche que la blogosphère fait à cette nouvelle version de LinkedIn : son trop grand rapprochement du look et des fonctionnalités de Facebook. Si LinkedIn et Facebook restent deux réseaux aux objectifs bien distincts - LinkedIn est avant tout un service de mise en relation professionnel, Facebook, le paroxysme de la consommation de loisirs instantanée (il paraît que j’ai dit ça dans le numéro daté mars 2008 de SVM…) - il est vrai que le premier prend un peu ombrage de l’audience sans cesse grandissante du second…

Mais il serait vraiment dommage que LinkedIn perde son âme à trop vouloir ressembler à un autre réseau…

En Bref : iTunes, deuxième vendeur de musique aux USA

Lu sur CB News aujourd’hui :

Le kiosque musical numérique d’Apple, iTunes, est devenu le deuxième vendeur de musique aux Etats-Unis, derrière le distributeur Wal-Mart Stores, selon les statistiques publiées par NPD Group. D’après ces chiffres, les téléchargements légaux de musique ont représenté en 2007 10% des ventes de musique aux Etats-Unis, leur augmentation n’ayant cependant pas compensé le déclin des ventes de CD. La firme à la pomme affirme dans un communiqué distinct que iTunes compte désormais 50 millions d’utilisateurs et a vendu plus de quatre milliards de titres.

En Bref : Les vols touchent 1,5 millions de colis à La Poste

Lu hier sur le Journal du Net :

Le développement du e-commerce en France engendrerait de nombreux vols et disparitions de colis à la Poste, indique une enquête de Que Choisir. Selon le magazine, 1,5 million d’objets disparaîtraient chaque année du circuit postal, sur un total de 263 millions de paquets convoyés. Contactée par l’AFP, La Poste “dément formellement” ce chiffre, sans pour autant fournir ses statistiques. L’ex-PTT refuse de communiquer ses chiffres tant que ses concurrents n’auront pas donné les leurs. Selon le loueur de DVD en ligne Locafilm, cité par Que Choisir, près de 10.000 disques disparaîtraient tous les ans, ce qui représente 5 % de son chiffre d’affaires.

Raccourci rapide : sachant que le eCommerce en France pèse 16 milliards d’euros en 2007, appliquer le ratio des vols de colis de Locafilm au eCommerce français représente : 800 millions d’euros de perte !