En Bref : les mash-ups tenus responsables de leur contenu
Lu sur Generation NT :
Le fondateur du site français Lespipoles.com vient d’être condamné par le Tribunal de Grande Instance de Nanterre à payer une amende de 1.800 euros à Olivier Dahan, réalisateur du film La Môme, pour avoir inséré sur son site une information provenant d’un flux RSS du site Gala.
Les webmasters utilisant des flux RSS pour alimenter leurs sites et leurs blogs ont du soucis à se faire. Le tribunal de Grande instance de Nanterre vient en effet de condamner Eric Duperrin, webmaster du site Lespipoles.com, à verser 1 800 ??? à titre de dommages et intérêts à Olivier Dahan, réalisateur du film La Môme.
Sur son site, Eric Duperrin utilise des flux RSS, notamment en provenance du journal Gala, qui avait publié un article litigieux, basé sur une rumeur et intitulé « Sharon Stone et Olivier Dahan. La Star roucoulerait avec le Réalisateur de La Môme ».
Un résumé de deux lignes ainsi qu’un lien pointant vers cet article figurait donc de manière automatisée sur le site de M. Duperrin, ce qui n’a pas plu au réalisateur qui a exigé, dans son assignation, le retrait de ce lien hypertexte. Une demande retenue par le juge qui a en plus infligé une amende au webmaster. Dans son jugement, le magistrat du Tribunal de Nanterre a estimé que l’utilisation de cette série de flux constituait bel et bien un choix éditorial et que l’éditeur était donc responsable du contenu proposé.
Pourtant, Eric Duperrin se défend d’avoir voulu porter préjudice au plaignant : « Le lien était issu de l’analyse automatique du flux RSS que Gala met à disposition sur son site. Je n’ai même pas eu la possibilité de lire l’article en question puisqu’au moment ou l’huissier de justice à débarqué chez moi, l’article avait déjà été retiré du site de Gala.fr. Mon site est un ” mashup ” qui combine flux RSS, API YouTube et API Flickr. Il n’a donc pas de contenu propre et s’auto-alimente presque tout seul. (…) Je viens d’être condamné à payer 1 800 euros qui viennent s’ajouter aux 4 000 euros de frais d’avocat. Au-delà des répercutions financières, je suis profondément désolé de cette décision qui remet en question la pérennité du concept de ” mashup ” pour lequel j’étais si enthousiaste. »
Un jugement qui remet en question l’utilisation des flux RSS qui peuvent donc causer de gros problèmes aux webmasters.
En tant qu’auteur, ancien journaliste et créateur de sites Web à mes heures perdues, je ne peux qu’être en accord avec la décision prise par le Tribunal de Nanterre. Que l’affaire porte sur le contenu de Gala importe peu, elle aurait eu les mêmes échos pour moi avec le contenu du Wall Street Journal ou du New York Times (pour reprendre les exemples des commentateurs de Generation NT). Un créateur de mash-up, s’il maîtrise les flux qu’il agrège dans son service, est avant tout responsable de ses choix éditoriaux et des sources qu’il a décidé de citer !
Je discutais récemment avec Frédéric Roy, journaliste entre autre à CB News, à propos des effets de Facebook sur la vie privée. Nous étions arrivés à cette constatation, navrante, que l’usage actuel d’Internet tend à une déresponsabilisation de l’individu, qui considère que les outils lui permettant de communiquer ne le rendent plus responsable des actes et des informations qu’il diffuse sur la Toile. On rejette ainsi sur l’outil, ou l’interface, la faute de la diffusion d’informations privées auprès d’une large audience… C’est sans doute là l’effet le plus pervers de Facebook et d’autres outils comme ici les mash-ups.





